Et le Gagnant est.......
« Ce n’est pas parce qu’il y a performance qu’il y a récompense.
On peut avoir les meilleurs résultats du monde… si personne ne le sait, cela ne suffit pas. »
Parole d’expert.
Sur le moment, je l’écoute.
Je ne l’intègre pas encore.
Quelques semaines plus tard, tout prend sens.
Il y a cette réunion de transformation d’entreprise.
Tout le top management France est réuni. CEO, CODIR, PDG.
Une salle pleine. Une attente palpable.
Dans quelques instants, un nom sera annoncé.
Et, au fond de moi, j’y crois.
Je pense à mes équipes.
80 collaborateurs engagés.
Des résultats solides. Une transformation menée.
Des indicateurs au vert.
Je me dis que cette fois… c’est nous.
« Et le talent espoir de l’entreprise est… »
Un nom.
Ce n’est pas le mien.
Les applaudissements remplissent la salle.
Et moi, je reste là. Silencieuse.
Il n’y a pas de colère.
Pas vraiment de tristesse non plus.
Plutôt une forme de sidération.
Un décalage.
Mes équipes sont déçues.
Et moi, je comprends.
Un peu tard.
Nos résultats étaient bien réels.
Mais ils étaient restés… silencieux.
Le travail accompli ne parle pas toujours de lui-même.
Il ne circule pas.
Il ne marque pas.
Pas sans relais. Pas sans narration.
Alors j’applaudis, moi aussi.
Et surtout, j’apprends.
Ce jour-là, je prends conscience d’un angle mort.
La communication montante.
Je l’avais toujours considérée comme secondaire.
Presque inconfortable.
Comme si parler de ses réussites revenait à se mettre trop en avant.
Une vieille empreinte sans doute :
« Ne te fais pas remarquer. Sois sage. »
Mais dans l’entreprise, le silence n’est pas une vertu.
C’est une limite.
J’observe alors autour de moi.
Il y a ceux qui performent, en toute discrétion.
Je m’y reconnais.
Ceux qui performent et savent raconter leur impact.
Ceux-là marquent les esprits.
Ceux qui ne performent pas… et restent en retrait.
Rien de surprenant.
Et puis, il y a ceux qui occupent l’espace.
Qui racontent, structurent, valorisent.
Parfois même au-delà de leurs résultats.
Longtemps, cette dernière catégorie m’a agacée.
Aujourd’hui, je la regarde autrement.
Non pas pour tout adopter.
Mais pour comprendre une chose essentielle :
la visibilité n’est pas un hasard.
C’est une compétence.
On ne peut pas leader sans savoir communiquer.
Donner du relief.
Créer du lien.
Faire exister ce qui, autrement, resterait invisible.
Oui, un projet mérite d’être raconté.
Oui, les réussites du quotidien doivent être mises en lumière.
Oui, même les difficultés peuvent devenir des récits porteurs de sens.
Avec le recul, je le sais.
Si j’avais su raconter notre histoire,
lui donner une voix, une portée…
peut-être que l’issue aurait été différente.
Peut-être.
Je reste attachée à une certaine forme de discrétion.
Mais j’ai changé de regard.
Et aujourd’hui, il y a une chose que je transmets systématiquement à mes équipes :
Le savoir-faire ne vaut que s’il est accompagné du faire-savoir.
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